Le parc Kruger en Afrique du sud : un safari qui trompe énormément ?

Pour tous les amoureux des animaux, il vous faut faire au moins une fois un safari dans votre vie. Pour tous les autres vous êtes quand même invités à lire cet article !

Le parc national de Kruger en Afrique du Sud a la particularité d’être très facilement accessible aussi bien logistiquement parlant que financièrement parlant (par rapport aux autres pays africains bien sûr). Alors, plus d’excuses : enfilez votre tenue d’aventurier, prenez jumelles et appareil photo et envolez-vous pour une immersion dans la savane.

Si vous atterrissez à Johannesburg récupérez votre voiture de location et prenez la direction du parc Kruger à quelques heures de là. Avant l’arrivée du parc vous pouvez profiter d’une halte vers les Bourke’s luck potholes et le canyon de la Blyde river.

Les zones urbaines se raréfient et la brousse commence à devenir omniprésente, enfin la porte du parc se présente. Il suffit d’y régler son droit d’entrée, d’acheter une carte routière et c’est parti pour explorer l’immensité de Kruger !

Car le gros avantage du parc de Kruger c’est que l’on peut y circuler par soi-même. Les routes principales goudronnées sont en bon état et même les routes en terre secondaires sont accessibles avec un véhicule classique. On peut alors aller à l’allure que l’on veut et faire son propre itinéraire au gré des envies. Le désavantage c’est que vous ne serez pas en compagnie d’un guide qui pourra vous donner des explications et saura repérer la faune facilement. C’est à chacun de choisir sa formule : avec ou sans guide. Et pour les indécis il est possible de combiner les 2 en s’inscrivant sur des sorties de quelques heures avec un guide (inscription dans les camps).

A la fin de la journée dormir dans le parc est l’idéal. Il s’agit de camps clôturés : interdiction d’en sortir la nuit. Pour une fois ce ne sont pas les animaux qui sont dans des cages mais nous !

Pour ceux qui n’ont jamais fait de safaris voilà comment peut se passer une journée type.

D’abord, on se lève avant le lever du soleil pour démarrer un premier safari et avoir le plus de chance de voir les animaux. La lumière est parfaite pour les photos. Sortir de son lit peut être un peu dur mais la récompense est (souvent) immense. On peut ensuite revenir au camp pour prendre un petit-déjeuner bien mérité. Une fois repus, on repart inspecter la savane à la recherche des animaux. Plus on se rapproche du zénith, moins les animaux sont actifs. A l’heure du déjeuner, il est préférable de rejoindre un camp pour se dégourdir les jambes car il n’est pas possible de sortir de la voiture comme on le souhaite en dehors des camps. Certains camps ont une piscine idéale pour se rafraîchir en cas de forte chaleur.

Le safari reprend en fin d’après-midi lorsque la chaleur se fait moins ressentir et que la lumière est rasante. Attention à ne pas arriver après la fermeture des portes du camp… ou vous aurez une amende.

Oui, mais voit-on vraiment des animaux ? Il ne faut pas s’attendre à un zoo et c’est tant mieux car le charme des safaris est justement de ne pas savoir si l’on va voir telle ou telle bête et la rencontre est d’autant plus émouvante. Pas d’inquiétudes, vous allez forcément rencontrer des tas d’impalas, des éléphants, des zèbres, sûrement des lions et avec de la chance des léopards, guépards et rhinocéros. Mais l’imprévu est toujours là : on peut rouler plus d’une heure sans croiser la moindre vie et soudain voir un cocktail de bêtes en l’espace de 15 minutes. Au début vous serez à l’affut de voir tous les types d’animaux mais au bout de plusieurs jours vous attendrez des situations de vie (chasse, baignades etc…). Chaque jour apporte son lot de surprises et chaque safari est unique. Vous pourrez parfois vous sentir frustré car lorsqu’un animal est aperçu de nombreuses voitures s’arrêtent et on peut se retrouver presque dans des bouchons : ça enlève forcément de la magie. Mais ce n’est pas systématique et j’ai pu observer un serval tout seul ou encore des lions sans aucune autre voiture à l’horizon.

Participer à un safari peut soulever certaines questions plus éthiques :

– Le tourisme n’est-il pas nocif pour les animaux ?

Oui bien sûr que si. Les accidents de route avec les animaux sont nombreux, le parc a instauré des limitations de vitesse, mais cela ne fait pas tout, malheureusement. Le flux de voitures et les camps sont forcément autant d’éléments qui peuvent perturber les animaux. Des règles simples comme couper le moteur de sa voiture pendant une observation limitent ses effets. Cependant, il est assez étonnant de voir que les animaux ne sont pas effrayés par nous si on respecte les distances de sécurité. Les éléphants peuvent charger les voitures si l’on s’approche trop prêt : vous serez mis en garde.

A l’inverse le tourisme rapporte des revenus au parc et permet de financer la préservation des animaux. Des études ont montré qu’un animal vivant était plus rémunérateur qu’un animal braconné. Le problème c’est que le braconnage a une vision à très court terme avec des revenus immédiats. Les rhinocéros de Kruger sont braconnés à outrance : plus de 1000 en 2017 !

Alors, si le tourisme permet de protéger des espaces naturels de l’urbanisme et favoriser des sanctuaires pour les animaux : je dis oui aux safaris !

– Les animaux ne sont-ils pas parqués ?

Quand on réalise un safari on se croit dans un espace vierge mais sommes-nous en fait dans un enclos géant ? Souvent les abords du parc sont délimités par des barrières naturelles (rivières…) qui empêchent (en partie) la circulation des animaux. Certaines zones sont clôturées mais ce qui fait rester les animaux dans le parc est plus souvent l’urbanisation extérieure inadaptée pour eux. Il existe des réserves privées (surtout en Afrique du Sud) qui constituent de véritables espaces privés clôturés. Les propriétaires achètent des animaux qu’ils laissent vivre en autarcie et qui assurent aux touristes de voir le fameux Big Five (lions, buffles, éléphants, léopards et hippopotames).

Quand y aller : Favoriser la saison sèche de mai à septembre, la végétation sera moins luxuriante et il sera plus facile de repérer les animaux. Les points d’eau seront aussi convoités par beaucoup d’espèces. 

Il faudra prévoir un traitement anti-paludisme.

Comment y aller : Vol Paris-Johannesburg durée 11h puis en voiture en 4h30 ou par un vol interne Johannesburg – Nelspruit en 1h45 (il vous faudra encore prendre la voiture pour rejoindre l’entrée du parc).

Budget : Le vol vous coûtera en moyenne 700€, la location d’une voiture basique sur une semaine 150€ et la nuit dans le parc 50€.

Monnaie : Le rand.

Langue : L’anglais.

Visa : Visa délivré à l’arrivée pour 90 jours si le passeport est valide au moins 6 mois

Combien de temps : Un minimum de 4 jours est conseillé pour s’imprégner de l’atmosphère et sillonner le parc. 1 semaine est parfait. Au-delà, le rythme peut être fatiguant et le temps passé en voiture énervant.

Et les enfants dans tout ça ?

Destination pour enfant : Même s’il s’agit d’animaux les safaris ne sont pas conseillés pour les tout-petits. Le rythme n’est pas adapté (levé à l’aurore) et les heures passées en voiture pas toujours appréciées. Mieux vaut attendre que votre enfant ait au moins 10 ans pour qu’il apprécie le spectacle (mais c’est une limite très subjective). Dans certains logements, il y a des (petites) piscines qui peuvent les défouler de retour au campement.

Le décalage horaire est de +1h et c’est appréciable.

Note Destination : 2,5/5

Note Trajet : 2/5

Note Sécurité : 3/5

Note Globale : 2,5/5

A emporter : Dans les camps, il y a des petites supérettes pour trouver le basique. Niveau nourriture il y a toujours des restaurants : pas besoin d’emmener à manger. Certaines huttes ont leur propre kitchenette ce qui permet de cuisiner si on le souhaite.

Et oui !

Les propriétaires des réserves privées, pour éviter que leurs rhinocéros soient massacrés pour leurs cornes, préfèrent leur couper les cornes. L’animal ne souffre pas et l’espèce est préservée ! Quant aux cornes elles sont brûlées : pas de reventes illégales. Un autre homme a, lui, retourné le commerce en sa faveur. Il reproduit des rhinocéros comme du bétail, coupe leurs cornes dans le but de les vendre. Personnellement, je trouve l’initiative bien triste : favoriser le commerce des cornes ne fera que renforcer le trafic illégal et donc le braconnage…