Lanzarote : quand la nature rencontre l’art

L’île de Lanzarote fait partie de l’archipel des Canaries rattaché administrativement à l’Espagne. Même si nous sommes en Europe géographiquement Lanzarote est au large des côtes marocaines : on peut donc apprécier la douceur de son climat toute l’année. Ce qui rend spécial Lanzarote de ses îles voisines est sa volonté d’éviter le tourisme de masse, ou plutôt ses infrastructures touristiques associées. Vous savez, les barres d’immeubles sans goût qui longent les côtes : et bien à Lanzarote vous n’en trouverez pas ! Et pour cause il est interdit de construire des bâtiments de plus de 2 étages. Ouf ! Et tout ceci grâce à une personnalité qui a su mêler le développement de l’île avec sa préservation : bienvenue dans le royaume de Cesar Manrique.

Je vous présente dans cet article comment un artiste moderne s’est allié avec les terres millénaires volcaniques de l’île.

La « fondation Cesar Manrique» – maison de Cesar Manrique de 1968 à 1988

Manrique l’architecte s’est donné pour première mission d’adapter ses constructions à l’environnement et non l’inverse. Pas de bulldozers pour aplanir un terrain et faire table rase, au contraire il va s’approprier la géologie du lieu. Et il va jouer sur 2 niveaux : la forme assez inhabituelle de ses pièces moulées dans des bulles volcaniques et la couleur blanche qui tranche avec les roches volcaniques noires. Sa maison n’échappe pas à la règle. L’esthétisme est au RDV. Vous pourrez déambuler dans son univers et en apprendre davantage sur le personnage à travers ses œuvres et de la documentation.

Jameos de Agua

Encore un endroit étonnant. Cette fois-ci Manrique a pris possession d’un ancien couloir de lave qui a formé une grotte, pour faire émerger un lieu atypique : jardin, musée, auditorium et restaurant se partagent l’espace. Vous pourrez même voir une espèce de crabe albinos habituée à l’obscurité et que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Posez-vous le temps d’un verre pour apprécier cet endroit hors du temps.

Le mirador del rio

Au mirador del rio nous sommes perchés en-haut d’une falaise pour découvrir un panorama splendide sur l’océan et sur la petite île de la Graciosa (qu’il est possible de rejoindre en ferry). On y retrouve la pâte de l’artiste : pièces rondes et objets design. Certes la vue peut être appréciée le long d’une petite route qui longe la falaise mais je vous conseille de débourser quelques euros pour l’endroit en lui-même.

Le restaurant El Diablo du parc national de Timanfaya

Ce n’est pas le restaurant qu’il faut retenir mais sa situation. Manrique a encore touché dans le mille. Le parc volcanique de Timanfaya est un incontournable de Lanzarote : nous sommes en plein cœur de l’activité volcanique de l’île. Surtout essayez de venir tôt car le site est vite saturé de touristes. L’endroit à su être préservé car il n’est possible d’y circuler qu’en bus pour apprécier les panoramas, mais vous serez sûrement frustrés de les voir à travers une vitre. Un petit show final montre qu’en versant de l’eau dans les entrailles de la terre celle-ci ressort en geyser, où encore que la cuisson se fait grâce à la chaleur de mère nature. Un peu surjoué, mais impressionnant. La palette de couleurs des roches du volcan a profondément inspiré Manrique et on retrouve dans ses tableaux le noir, l’ocre ou encore le jaune du volcan.

L’impact sur le paysage

En sillonnant l’île vous sentirez la présence de Manrique un peu partout, et même s’il n’est pas à l’origine de tout, il a fortement influencé ce que l’île est aujourd’hui. Remercions cet artiste car c’est un vrai plaisir de voyager sur Lanzarote ; et surtout car il a été assez précurseur dans la façon de gérer le développement de l’île en la préservant. Comme quoi c’est possible !

Bien sûr, l’île ne se résume pas qu’à ça mais je vous laisse la surprise de découvrir les autres atouts de Lanzarote.

 

Quand y aller : Toute l’année ! L’hiver il y fait plus frais et se baigner peu être un peu juste. L’été au contraire les températures grimpent et se baigner est un must. Si vous devez choisir, les intersaisons restent un bon compromis.

Comment y aller : De nombreux low-costs proposent des vols directs depuis Paris mais également d’autres villes provinciales en 4h.

Budget : Il peut être intéressant de prendre une formule qui inclus le vol, l’hébergement et parfois les repas pour optimiser son budget. Mais cela n’est pas toujours vrai. Les vacances scolaires font grimper les prix (jusqu’à x2 par rapport en période creuse). Les tarifs peuvent varier de 400€ à 1500€ la semaine par personne.

Monnaie : L’euro.

Langue : L’espagnol.

Visa : Une carte d’identité en cours de validité est suffisante.

Combien de temps :  En 1 semaine vous avez le temps de sillonner l’île et de voir les principaux attraits touristiques. En 2 semaines vous aurez davantage le temps d’apprécier le charme de l’île. Sachez qu’il est envisageable de prendre un ferry pour l’île voisine de Fuerteventura (environ 1 h de traversée).

Et les enfants dans tout ça ?

Destination pour enfant : Il est facile de voyager avec des enfants. Les vols sont souvent directs et pas très longs, sur place les distances en voiture sont raisonnables (un point de chute est suffisant). Les enfants apprécieront de s’approcher d’un volcan et de se balader dans des paysages parfois lunaires. Et si les musées ne seront pas ce qu’ils retiendront essayez de passer un peu de temps à la plage. Certes l’île n’est pas réputée pour ses nombreuses plages mais vous pourrez en dégoter quelques-unes. Essayer de réserver un logement avec piscine et ils vous béniront !

Le décalage horaire est de -1h. 

Note Destination : 4/5

Note Trajet : 4,5/5

Note Sécurité : 4,5/5

Note Globale : 4,3/5

A emporter : Il y a tout sur place. Comme d’habitude anticipez les choses de première nécessité pour éviter de chercher sur place, mais en cas d’oubli pas d’inquiétude !

Et oui !

Lanzarote est victime de son succès et les touristes n’arrêtent pas d’affluer. Par conséquent les consommations d’eau et d’électricité s’envolent et l’appellation de l’île « réserve de la biosphère » devient davantage un slogan marketing qu’une réalité. Manrique n’étant plus là, les autorités de l’île doivent faire face à ce nouveau challenge environnemental.